Jean-Claude Bardet signe ce document en tant que secrétaire départemental, secrétaire régional et membre du bureau politique du FN.
Il annonce que, sur les treize conseillers régionaux FN, neuf adhèrent à la proposition faite nationalement par Serge Martinez de réunir un congrès extraordinaire pour en finir avec les déchirements.
L'initiative de Serge Martinez était en fait un élément de la stratégie mégrétiste. Il s'agissait d'écarter les "mauvais conseilllers" de Le Pen. C'était l'ultime tentative pour arracher à une instance régulière la consécration du groupe Mégret à la direction frontiste.
Que treize des conseillers régionaux, parmi lesquels les quatre secrétaires des fédérations départementales, rallient le camp de Bruno Mégret signe à la fois l'influence prépondérante de Jean-Claude Bardet sur les troupes lorraines du FN et la fin d'un groupe parlementaire régional qui avait, par deux fois, pesé lourd dans l'élection du président de l'éxécutif en Lorraine.
La lettre de Jean-Claude Bardet, cosignée par quelques responsables locaux dont Marc Néguiral, conseiller municipal de Vandoeuvre et Clément Cuny, alors dirigeant du Front national de la jeunesse, est datée du 16 décembre 1998.
Elle fait référence à une réunion extraodiniare du Conseil national FN au cours de laquelle les 3/5ème de ses membres, donc les cadres du mouvement, ont globalement adopté le point de vue mégrétiste. La réunion s'est tenue le 13 décembre. Trois jours plus tard, les militants sont mis devant le fait accompli. Leurs cadres nationaux et régionaux les exhortent à en finir avec les méthodes et la stratégie lepénistes.
L'hommage rendu à cette occasion au mérite historique de Jean-Marie Le Pen ne trompe personne. Les jeunes turcs pensent que leur heure est venue et que tous, dans les rangs, doivent déosrmais faire allégeance à la seule équipe capable de prendre le relais. La litanie des succès personnels de Bruno Mégret, sur quoi s'ouvre la lettre, annonce bien q'une page doit être tournée.
C'est ce qu'avaient compris deux élus FN mosellans, dès le mois de février 1998, bien avant que n'éclate la controverse sur la tête de liste aux élections européennes de 1999, juste avant que ne se tiennent les élections régionales et cantonales de 1998.
Michel Krettnich, conseiller municipal à Metz, annonce son départ du Front national, reprochant à Jean-Marie Nicolay, le nouveau secrétaire départemental de Moselle sa "dictature locale" et son comportement de "proconsul".
Deux jours plus tard, Gilbert Houillon, conseiller municipal d'Ars-sur-Moselle et conseiller régional, démissionne également et livre un secret dont on fit peu de cas à l'époque :"En Moselle et en Lorraine, la hiérarchie s'inscrit dans le courant Mégret, cet athée militant". (à suivre... dès demain) |