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Bure, la controverse scientifique
Pour bien comprendre les enjeux du débat qui oppose les scientifiques, il faut savoir que les déchets nucléaires sont dangereux pour l’homme et pour l’environnement parfois pendant plusieurs dizaines de milliers d’années. Comment dès lors gérer ces déchets ultimes sans compromettre notre santé et sans hypothéquer celle des générations futures ?

Dessin de C'drik :  http://cdrik.hautetfort.com/

 

Les déchets radioactifs sont dangereux. Leur nocivité dépend du type et de l’intensité du rayonnement. L’homme peut être irradié par une source de rayonnement extérieur ou être contaminé en cas d’ingestion ou d’inhalation de radioéléments (dans l’eau ou les aliments). D’où la nécessité d’isoler ces déchets de la façon la plus efficace possible.
Il existe plusieurs catégories de déchets radioactifs. Il y a ceux qui sont faiblement, moyennement ou hautement radioactifs et/ou ceux qui ont une « vie » plus ou moins longue. La gestion des uns et des autres ne sera évidemment pas la même.

Les déchets à  très faible activité (TFA) ou à faible et moyenne activité à vie courte (FMA-VC) dits également déchets de classe A proviennent essentiellement de l’industrie nucléaire (blouses, outils, filtres) mais aussi des laboratoires de recherche universitaire, des hôpitaux ou des cabinets de radiologie. Ils émettent des rayonnements ‘’bêta et ‘’gamma’’ et représentent 90% du volume des déchets radioactifs produits en France mais 1% seulement de la radioactivité globale. Leur durée de vie est de quelques dizaines d’années.

Ils sont stockés à Soulaines, dans l’Aube. Ce Centre de stockage de déchets de très faible activité (TFA) ou de faible et moyenne activité (FMA) fonctionne depuis 1992. Il accueille, en 2005, quelque 30.000 « colis » représentant 18.000 m3 de déchets. Le centre de Soulaines a pris le relais du centre de stockage de la Manche qui, après 25 ans d’exploitations, a accueilli 527.000 m3 de déchets. Et son dernier colis en 1994.

Il existe aussi des déchets beaucoup plus dangereux à haute activité et à vie longue (HAVL). Ils ne représentent que 1% du volume global des déchets radioactifs mais 99% de la radioactivité totale.

Ces déchets sont classés en deux catégories : les déchets de classe B  (rayonnements ‘’alpha’’) proviennent essentiellement du retraitement des combustibles usés, du fonctionnement des installations du CEA pour ses activités de recherche ou ses programmes de Défense nationale ou encore du démantèlement des installations nucléaires. Ils dégagent relativement peu de chaleur mais ont une durée de vie de plusieurs milliers d’années. Ils sont pour l’instant conditionnés dans des matrices (verre, ciment, bitumes etc.) en attendant mieux.

Enfin, les déchets de classe C (rayonnements ‘’alpha’’, ‘’bêta’’ et ‘’gamma’’) sont des déchets à haute activité à vie longue (HAVL) qui dégagent une forte quantité de chaleur pendant des milliers voire des millions d’années et présentent un réel danger pour l’homme et son environnement. Ils proviennent surtout du combustible usé des centrales de production d’électricité (les cendres de combustion).

Ces deux dernières catégories de déchets radioactifs posent un vrai problème à la communauté scientifique et à toute la société. On ne sait pas (encore) comment les éliminer.

24 Septembre 2005 Emilien Lacombe
Les épisodes publiés :
Episode 1 : Une industrie de pointe
Episode 2 : Des hypothèses fantaisistes
Episode 3 : Des compétences pluridisciplinaires
Episode 4 : Perte de mémoire
Episode 5 : Des doutes sur les recherches de l'ANDRA
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