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Cette histoire, je la trouve encore aujourd'hui incroyable. Tout s'est enchaîné si vite. Je rentrais de week-end, seul dans mon véhicule, un 4x4 haut de gamme qui dispose de toutes les sécurités modernes, et notamment la fermeture des portes automatique après le démarrage : on n'est jamais trop prudent ! Je considérais cela comme excessif. Dans une petite ville de province, on ne risque tout de même pas grand chose ! La suite m'a prouvé le contraire" explique Daniel, sous le coup de l'émotion.
Voilà une semaine que l'agression a eu lieu. Pourtant, les stigmates sont là. Le visage est encore tuméfié, l'arcade sourcilière a peine cicatrisée, des points de suture visibles à plusieurs endroits sur le crâne. Il a du mal à parler parfois : avec 10 côtes cassées, chaque quinte de toux est un supplice. "Surtout le matin, quand tout se remet en route. La journée, les médicaments permettent de tenir" ajoute-t-il. Le médecin légiste l'a soumis à 10 jours d'arrêt de travail : cela semble nécessaire, bien que l'envie de reprendre son activité soit tenace. "En tant qu'intermittant, je ne peux pas courir le risque de m'arrêter trop longtemps !" ajout-t-il, inquiet.
Coup de main
"Je rentrais donc sur cette route paisible, que j'emprunte très régulièrement. Il n'y a presque personne alors que j'arrive dans une commune limitrophe à Nancy. Sur le bas-côté, une voiture est stationnée. Le conducteur me fait signe de m'arrêter, il semble en panne. De naturel peu méfiant, sans être casse cou, je m'arrête à sa hauteur et baisse légèrement ma vitre, côté passager. Il baragouine quelques mots et, alors que je me penche pour lui demander de répéter, il me fait signe de regarder la porte côté conducteur. En un clin d'oeil, montée d'adrénaline, perte de repère, panique : un autre individu est planté là, un revolver à la main, pointé sur moi. Le premier me demande de sortir. Je ne sais pas si cette arme est vraie ou factice, chargée ou non, mais sur le moment, on évite de demander des renseignements.
La mort dans l'âme (sic), je m'exécute. J'ouvre la porte, descends, pensant qu'ils en voudraient uniquement à mon véhicule. Soudain, deux autres individus sorte de je ne sais où, on se retrouve à cinq, quatre plus un : ils me demandent de m'allonger à même le sol, gelé. Je le fais. Et les coups commencent à pleuvoir. Dans les côtes, la douleur m'envahit. Ils m'ont demandé de me protéger la tête mais, par réflexe,je me tiens les côtes, alors c'est la tête qui prend. J'aurais dû obéir. J'en suis presque réduit à m'excuser de ne pas avoir fait comme ils l'avaient demandé. Les coups continuent, et de temps en temps, je sens le métal glacial de l'arme plantée sur ma joue.
Reprendre le dessus
Maintenant, j'en ai une certitude : ils ne tireront pas. Si je me suis cru mort au départ, alors que je m'allongeais sur le sol, j'ai vite compris que leur sadisme les poussait à me battre avant de prendre mon véhicule. "Ton numéro de carte bleue" ! Hurlent-ils au milieu d'un flot de questions visant à me faire perdre la tête. Je le donne, ils doutent, posent la question 100 fois. Je n'en peux plus, il fait froid, je souffre. Je sens le sang couler sur mon visage, mes vêtement sont en lambeaux. Qu'on en finisse. Ah non, il faut absolument que j'arrive à récupérer les clefs de ma maison. Ils ont mon porte-feuille, mon adresse : il faut les empêcher de rentrer chez moi !"
Daniel avoue ensuite : "Je prenais peu à peu le dessus sur moi-même, parce que j'avais à nouveau un projet : il fallait que je récupère mes clefs à tout prix. Je rampais vers le véhicule, à une quinzaine de mètres de l'endroit où ils m'ont tabassé, à l'abri des regards indiscrets. Un projet : puisqu'ils ne tireront plus, il faut que je parvienne à la voiture... Je ne suis pas un super-héros, plutôt chétif même, mais dans ces moments, une force décuplée vous envahit... " |
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