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15 décembre 2004 : dans le protocole d'accord signé entre l'Assurance-Maladie et trois syndicats de médecins libéraux (Alliance, CMSF, SML), les médecins s'engagent à réaliser 1 milliard d'euros d'économies en 2005, en vertu de quoi 500 millions seront reversés en augmentation d'honoraires dans deux ans. En parallèle, le déficit de la Sécurité Sociale attendra 13 milliards en 2004. |
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Selon le Dr Patrick Bastien, délégué régional du syndicat de généralistes MGFrance, "Le protocole d'accord du 15 décembre marque le début de l'explosion du système solidaire en modifiant notre conception du rôle de l'assurance-maladie qui, après avoir mis en place le forfait hospitalier, crée un forfait-visite et une discrimination des remboursements en fonction de la manière dont le patient consulte. Enfin, les gains attendus de cette réforme ne répondra pas aux objectifs d'économies nécessaire : la moitié des efforts consentis par les médecins généralistes bénéficieront pour l'essentiel à la revalorisation des honoraires des spécialistes. C'est dénigrer la spécificité du généraliste alors qu'on le met au centre du dispositif de réduction des dépenses de santé : la réforme est aberrante !".
Quelques rappels
1998 : face au déficit chronique de la Sécurité Sociale et à l'augmentation rapide des dépenses de santé, il est décidé d'instaurer un carnet de santé que personne n'a véritablement utilisé, de mettre place la carte Vitale (carte d'identité santé) et de promouvoir le "Médecin Référent". Ce dernier s'engage à ne pas dépasser 7.500 actes par an (soit 20 mn par consultation en moyenne), à promouvoir la prescription de médicaments génériques, à suivre des formations reconnues, rémunérées par la Sécurité Sociale, en contrepartie d'un forfait de 75 € par patient inscrit. MGFrance signe l'accord, au grand dam des autres organisations syndicales (Alliance, ESML, CSMF).
Cette réorganisation ne suffit pas : les dépenses de santé explosent : la population vieillit, et "consomme" des soins plus chers et plus nombreux.
De plus, les recettes étant assises sur les salaires, elles ont peu évolué étant donné la morosité économique française depuis la fin des années 90. Le passage aux 35h a aussi porté préjudice à la sécu : le recours aux heures supplémentaires étant très limité, il en résulte une baisse mécanique des cotisations salariales.
Le déficit de la Sécurité sociale est relatif : les 13 milliards attendus pour 2004 et 2005 sont à rapporter au budget global, qui est équivalent au budget de l'Etat français, soit environ 250 milliards d'euros. Ce qui est plus préoccupant, c'est l'effet structurel du déficit qui dure et s'amplifie. Il est nécessaire d'équilibrer les comptes et de combler le déficit actuel avant que le fossé ne se creuse de manière inexorable. |
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