Entre colère et dignité, dernier repas entre collègues
"Comment en est-on arrivés là ?" La question est posée par les 52 salariés d'ICF (Imprimés en Continu et Formulaires) de Maxéville lors d'un pot d'adieu, hier, avant de mettre définitivement la clé sous la porte.
Ils ont de bonnes raisons d'être en colère. Cette ancienne filiale de Berger-Levrault, rachetée par le groupe parisien DIAMETRE en 1996, a été littéralement pillée par des dirigeants peu scrupuleux. Au point que le tribunal de Commerce de Paris avait placé le groupe Diamètre (propriétaire de ICF) en redressement judiciaire en décembre 2002 : après 13 mois, c'est la liquidation judiciaire qui met un coup d'arrêt définitif à l'imprimerie nancéienne.
Le comité d'entreprise du 9 mars dernier a mandaté son secrétaire, Didier François, pour "porter plainte avec constitution de partie civile pour détournements de fonds, entrave au fonctionnement du Comité d'Entreprise par fourniture de fausses informations comptables, détournements d'actifs et toutes autres infractions qui pourraient apparaître."
Il faut dire que les salariés en apprennent tous les jours. "On s'est bien fouttu de nous !" lance un opérateur, écoeuré, avant d'ajouter : "les choses se savaient plus ou moins mais personne ne parle car les personnes gênantes ont toujours été virées rapidement."
Il suffit de se référer à la liste des Directeurs du site maxévillois pour comprendre qu'ils étaient mis en place pour gérer le quotidien. Et dès qu'ils bougeaient un peu trop, changement de couverts ! "Pourtant, ils n'ont jamais parlé même en quittant l'entreprise en très mauvais termes avec le PDG du groupe. C'est dommage, car si on avait séparé ICF de la société mère avant la mise en redressement judiciaire, on aurait sauvé cet outil de production tout à fait rentable" ajoute un cadre, amer. |