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C'est un sacré revers pour le ministre de l'Intérieur qui, le 3 novembre dernier, au plus fort des événements dans les cités sensibles, affirmait que "les violences" de la nuit passée n'avaient "rien de spontané" et qu'elles étaient au contraire "parfaitement organisées". Or, un récent rapport des Renseignements Généraux dit exactement le contraire.
Les R.G. rappellent que l'embrasement dans les banlieues a commencé le 27 octobre, à Clichy-sous-Bois (Seine Saint-Denis) avec la mort de deux jeunes dans un transformateur EDF qui se croyaient poursuivis par la police. Un troisième a été grièvement brûlé et a donné l'alerte.
Aussitôt, les jeunes de cette cité se sont révoltés. Le mouvement a fait tache d'huile et s'est propagé à 274 communes. Au cours de trois semaines d'émeutes ce sont près de 9.000 véhicules qui furent incendiés, une centaine de bâtiments publics détruits et autant d'entreprises privées. Les dégâts sont évalués à environ 250 millions d'euros.
"Tout s' est passé comme si la confiance envers les institutions mais aussi le secteur privé, source de convoitise, d'emplois et d'intégration économique avait été perdu" écrivent les R.G. en soulignant que les cités se sont transformées au fil du temps en "ghettos urbains à caractère ethnique".
Les RG ajoutent : "La France a connu une forme d'insurrection non organisée avec l'émergence dans le temps et l'espace d'une révolte populaire des cités, sans leader et sans proposition de programme". Les violences n'étaient "ni organisées ni manipulées" et les islamistes "n'ont joué aucun rôle" ni dans l'émergence de la violence ni dans sa propagation.
Les RG notent encore que "la France, plus préoccupée par la montée de l'islamisme radical et du terrorisme religieux a négligé le problème complexe des banlieues".
Si le calme est enfin revenu, après 20 jours de violences "il est à craindre désormais que tout nouvel incident fortuit provoque une nouvelle flambée de violences généralisées".
Par exemple, la nuit de la Saint-Sylvestre "risque d'être particulièrement sensible". |
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