Le confinement des élevages de plein air décidé par les autorités françaises répond au sage principe de précaution. Le gouvernement va au-delà de l'avis de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) pour qui le risque de contamination de volailles par des oiseaux migrateurs en France est "à ce stade négligeable".
Si les poules vosgiennes et mosellanes ne sont pas punies pour l'instant (on ne sait trop pourquoi puisque les couloirs des oiseaux migrateurs passent aussi par ces deux départements), leurs copines de la Meuse et de Meurthe-et-Moselle sont interdites de sorties au moins jusqu'au 1er décembre. Ce qui ne fait pas les affaires des volaillers concernés.
On imagine le désarroi des 62 éleveurs avicoles de Meurthe-et-Moselle et quelques dizaines dans la Meuse à l'approche des fêtes de fin d'année. Non seulement poules, canards, dindes et autres oies risquent de mal supporter l'enfermement mais les clients traditionnels risquent de se détourner de la viande de volaille et des œufs. Déjà, les marchés enregistrent des pertes de 25 à 30% !
Quant au foie gras traditionnel sur les tables durant les fêtes de fin d'année, il pourrait bien, lui aussi, subir les contre-coups économiques des mesures gouvernementales puisque c'est toute la filière avicole qui est touchée.
Les chasseurs sont également concernés. La ministre de l'Ecologie, Nelly Olin, a renouvelé ses conseils de prudence, prônant le port de gants lors de toute manipulation d'oiseaux morts, et annoncé l'interdiction du transport et de l'emploi d'"appelants", ces oiseaux servant à attirer les canards sauvages sur les plans d'eau.
Les associations crient au loup. Et demandent si M. Bussereau ne va pas imposer la clochette au cou des chasseurs pestiférés? Ces mêmes associations estiment que le gouvernement aurait été "bien plus inspiré" d'utiliser les réseaux des chasseurs pour assurer " une veille sanitaire globale et permanente ". |