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Un dessin de C'Drik
"Il a pété un câble!" C'est ce que nous avoue, atterré, un conseiller régional socialiste sous le sceau du secret évidemment en parlant du président de région, J-P Masseret. Il nous avoue cela après avoir assisté au manque de maîtrise du président de région face à un élu de l'opposition.
Rappelons les faits : Bruno Bilde (FN), en session plénière, remet sur le tapis le dossier de l'Irfa, cet organisme de formation aujourd'hui en redressement judiciaire. La Région, en toute connaissance de cause, aurait attribué à cet organisme des subventions régionales bien au-delà de certains délais légaux. Pour seule réponse, du haut de sa tribune, J-P Masseret rugit : "Ca suffit ou je te fous sur la gueule"... Emoi dans l'hémicycle car chacun sait que la vulgarité et l'invective sont les preuves tactiques de ceux qui n'ont pas d'arguments. C'est aussi la silicose des vétérans de la politique qui ont perdu l'habitude d'être contredits.
Pour en avoir le cœur net, nous avons interrogé le président Masseret sur cette tirade fracassante : "Les propos échangés ont été un peu vifs. C'est vrai. Car il y a là beaucoup de mauvaise foi dans la façon de présenter les faits présentés, dans la réflexions et c'est assez agaçant, à la fin, de voir des donneurs de leçons manipuler les situations... Cela explique qu'il faille de temps en temps taper sur la table, rentrer dans le lard de celles et ceux qui tiennent des propos que je juge inexacts. Par ailleurs, il faut sûrement éviter des noms d'oiseaux et des tons agressifs. Ils ne le sont pas en vérité. Ce sont des propos qui viennent, comme ça... C'est de l'emportement marseillais. Mais je ne laisserai rien passer à l'avenir. Je vais être très vigilant. Je vais maintenant être certainement beaucoup plus rugueux à l'égard de l'opposition. Elle s'agite dans la manipulation et là je vais durcir le ton et je n'hésiterai pas à envoyer des arguments... et s'il faut sortir un certain nombre de dossiers, je vais le faire !".
Cette dernière phrase confirme le "mot" lancé par Masseret à Claude Gaillard, le chef de file de l'opposition UMP : "J'ai du coffre moi aussi. Je ne suis pas sûr qu'élever la voix dérive les flèches" et en haussant la voix à son tour : "J'ai aussi du coffre et des arguments dans le coffre !". Disait-il d'un ton menaçant. Comme le constatent les observateurs du Conseil régional, une crispation dans les relations entre élus se développe. Cette tension existe même au sein des groupes politiques. Cette radicalisation vient sans doute, à gauche, du prochain Congrès du Mans (du PS) et du mécontentement du président sur le fonctionnement de son institution.
La bévue de J-P Liouville sur la répartition des sièges au sein des commissions sur du papier à l'entête du Parti socialiste et non du Conseil régional, montre le désordre de la chose. D'autre part, le président de région, déjà échaudé par Lionel Jospin lorsque ce dernier était aux manettes (puisque l'ex-Premier ministre n'avait pas fait appel à lui dans le gouvernement), vit certainement assez mal cette préparation du Congrès du Mans. Selon un "ami" de Jean-Pierre Masseret, c'est de sa propre faute, car il dirigerait la région "comme un apparatchik marxiste qui ne connaît que le rapport de force". Il manquerait en fait de "lieutenants". Ah, bon ? |
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